16 août 2016

A vous en dégoûter de la bouffe... Ma chronique du livre "Vous êtes fous d'avaler ça"


Du piment aux crottes de rat...

... du concentré de tomates pourries, de la purée de basilic aux coccinelles, de la soupe poireau-terre, des beignets de champignons bleus, du thé bourré de pesticides, du lait maternisé au formica...


Ma mère m'avait prêté le livre de Christophe Brusset, "Vous êtes fous d'avaler ça" il y a quelques  mois, en me prévenant "après, rien ne sera plus jamais pareil". Je redoutais donc de le lire, me doutant que je serais dégoûtée de savoir ce qui se cache derrière les produits alimentaires de nos supermarchés...

Et je n'ai pas été déçue !

L'auteur est un ingénieur agronome, il a bossé dans plusieurs boîtes dans l'industrie agro-alimentaire en tant qu'acheteur. Il a donc participé largement à la plupart des affaires douteuses qu'il dénonce dans ce livre.

Il explique par exemple comment la Chine est spécialiste de la fabrication de miel sans miel, uniquement à base de sucre, de colorant, de pollen et d'arôme synthétique, le tout passant sans problème les contrôles de conformité des normes françaises. 
Sur le même principe, existe également la confiture de fraises, si l'on remplace le pollen par des akènes (les petites graines de fraises), déchets issus de la production de jus de fraise, et l'arôme "miel" par l'arôme "fraise". 

Tout ça pour baisser les prix. L'argent, le nerf de la guerre ! Diminuer la qualité des produits au maximum... jusqu'à ce que la qualité soit au minimum du minimorum. 

Et lorsqu'on ne peut plus diminuer la qualité ?

Pas de problème, on peut encore jouer sur la quantité !

Par exemple diminuer la taille des contenants : les bacs de crèmes glacés d'un litre qui deviennent des bacs de 900ml par exemple, ou les yaourts qui passent de 125g à 115g... pour le même prix, bien évidemment !

Couper le produit de base avec un autre produit, alimentaire ou non, lourd si possible (pour faire le poids) et surtout qui ne coûte pas grand-chose. 
C'est ainsi que le miel a commencé à être dilué dans de l'eau avant d'être remplacé purement et simplementpar de l'eau épaissie et sucrée. 
L'origan est coupé avec du sumac qui n'a aucun goût mais reste un produit comestible. Ou alors encore moins cher, par des feuilles d'olivier...
Encore mieux : lorsque les boîtes agro-alimentaires reçoivent des lots non conformes, par exemple le fameux piment séché aux crottes et poils de rats, pourquoi payer pour le détruire et perdre un précieux stock ? Non, moulu bien finement et mélangé à petite dose à du piment de meilleure qualité, ça passe largement les contrôles qualité... et le client n'y voit que du feu !

Le manitou de la grande distribution

L'auteur explique en particulier comment la grande distribution fait pression sur les industriels pour leur faire diminuer les coûts (et eux en profiter pour augmenter leurs marges), sachant que ces derniers n'ont pas le choix, sous peine de se faire supprimer des rayonnages.

Sachant que les industriels ne sont déjà pas des anges au niveau de la qualité, on peut dire qu'au final, le client mange de la me*de. Littéralement de la mer*e. 

Les légumes surgelés ou en conserve qui sont bourrés de pesticides, d'herbicides voire d'antibiotiques.
Des conserves ou canettes recouverts à l'intérieur d'un vernis contenant du bisphénol A et autres joyeusetés.
Les emballages recyclés en carton pour les pâtes, lentilles et riz (utilisés non pas dans un but écologique, mais simplement car ils sont moins chers que le carton non recyclé) contiennent des huiles minérales cancérigènes.
Les DLUO (Date Limite d'Utilisation Optimale) sont fixées par les industriels eux-mêmes (et non par des organismes extérieurs). Ils n'hésitent pas à mettre des durées très importantes pour faire plaisir aux supermarchés, qui ont plus de marge pour gérer leurs stocks. Le tout au détriment du goût, et peut-être de la santé, car qui sait vraiment comment se dégradent le cocktail molotov d'additifs, d'arômes, de colorants...

Glace au citron et bonne résolution

Ce midi, j'ai pris une glace vanille-citron dans le congel... et je l'ai mangé du bout des lèvres, dégoûtée d'avance de ce que j'avais lu sur le paquet, et ce que j'imaginais en sus qui n'y était pas écrit : pas un seul pet de citron dans la glace mais un arôme artificiel, de la glace à la vanille sans vanille mais avec les détritus des gousses de vanille broyées pour imiter les grains de vanille, tout un tas de colorants, d'additifs et j'en passe. Plus jamais je n'achète de cornets de glace de ma vie... 

Plus jamais je ne fais les courses en supermarché d'ailleurs, c'est décidé, je n'y mets plus les pieds. 

Reste juste à déterminer comment je vais m'organiser, où est-ce que je vais acheter ma nourriture, quels circuits privilégier (produits locaux, produits bio, produits locaux et bio ??), quels conditionnements préférer... 

Je préfère manger moins, augmenter mon budget nourriture au détriment des loisirs, et prendre le temps de faire du pain, des biscuits, des gâteaux et même mes propres glaces, bref, d'avoir une alimentation encore plus saine.

Et vous, la nourriture, c'est un sujet qui vous inspire ?



4 commentaires:

  1. Je ne l'ai pas lu mais je serai intéressé tiens! Je risque de ne plus manger grand chose qui ne viennent pas de mes petits producteurs du coup!
    On va a la Ruche qui dit oui ici et on complète avec le marché bio des tanneurs et un magasin de vrac. On évite le super marché au max mais parfois....

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    1. Jamais testé la Ruche qui dit oui, j'en ai entendu parler pourtant...

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  2. On n'a pas fini d'entendre parler de ces scandales agro-alimentaires... A force, je n'ai presque plus envie de voir des documentaires ou de lire des bouquins sur le sujet parce que j'en sors toujours traumatisée. Pour moi le supermarché c'est vraiment pour les produits de base, mais pour tout ce qui est frais type fruit et légumes c'est marché, magasin bio ou producteurs locaux :)

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    1. C'est vrai que moi aussi ça m'a dégoûtée, franchement...

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