Et continuer. Toujours.


Toujours plus. Toujours plus vite. Courir, courir, courir sans jamais s'arrêter, se poser, mettre en pause sa vie.

Tous les lundis, une nouvelle semaine qui commence, une nouvelle liste de choses à faire, la "to do list", toujours les mêmes choses que l'on n'a pas le temps de faire, et puis les choses qu'on rajoute au fur et à mesure du temps : ranger ci, nettoyer ça, vider ci et remplir ça, ordonnancer l'ensemble et optimiser le tout et son temps.

Le temps. Celui qui passe, à toute vitesse, sans vous laisser un seul répit ; votre liste, il la grignote, il s'en délecte, se nourrit des nouveaux points rajoutés sans fin.


En fin de semaine, enfin, deux jours, 48h rien que pour nous, pour moi, pour s'occuper de ma petite miss chérie. Oui mais la liste ? La liste qui grossit, grandit à vue d'oeil, se déforme comme un ballon trop gonflé, s'apprête à exploser. 
La miss jouera seule, s'occupera aussi bien sans sa mère qui s'attaque à la liste avant que cette dernière ne la dévore.

Les repas, sans cesse ils reviennent, comme des chiens enragés qui attaquent sans fin. Manger sainement. Manger proprement. Préparer, éplucher, découper, cuire, rôtir, tout cela prend du temps, ce temps qui se moque de votre lenteur.
Le rangement. Quel rangement ? Celui sur la liste. Je l'oublie une semaine deux semaines trois semaines puis je craque, je range, je nettoie, j'époussette, je gratte, je récure, avec le plaisir de prendre le dessus. Le dessus sur mon temps, sur ma liste, barrer la chose, les choses, tout barrer, tout finir, un éternel recommencement.

Et ma miss ? Elle joue seule en attendant. Sa cabane en carton ? Un mois qu'elle attend patiemment que je la découpe, et la monte. Sa peinture au doigt, j'en parle même pas. Les activités originales ? Ca prend du temps, ce temps que je n'ai pas...

Et ma grossesse ? Pas le temps d'en profiter. Et puis profiter de quoi d'abord ? Pas le temps de parler à bébé, de lui donner de petits coups en réponse aux siens, de préparer sa venue ; de discuter de lui tout simplement.

Et la fatigue dans tout ça ? Un mois que je fatigue pour de bon, 15 jours que je me traîne la crève, celle qui a des hauts et des bas, qui vient et puis s'en va sans se lasser, sans abandonner la partie. 
Et depuis hier, une bonne grosse sinusite qui me cloue au lit, sans pouvoir me reposer tellement j'ai les sinus bouchés, la gorge qui siffle, un mal de tête persistant... A en pleurer.

Des cernes sous les yeux jusqu'en bas du visage, des traits pales.
Et le médecin, pressé par le temps lui aussi sans doute : "Et vous n'auriez pas 2 ou 3 jours de congés à prendre ?"

Des jours à prendre non, je n'en ai pas. J'ai tout pris, on ne m'a rien rendu. Par contre, j'aurais juste aimé qu'il m'en donne, lui, qu'il me l'offre, ce temps que je n'ai plus ; allez soyons fou une semaine... 
Du temps perdu, du temps inutile, du temps non-productif. Du temps pour moi, rien que pour moi, où je soufflerais fort sur ma liste pour qu'elle s'envole au vent d'automne. 

Du temps où j'aurais le temps... de ne RIEN faire.


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