La prof qui déprimait




Je sais, je suis à la limite de la cruauté.
Un manque total de compassion, d'empathie vis-à-vis d'autrui.

Peut-être. Mais je revis, moi, en attendant !

La prof de théâtre. Rappelez-vous, celle du théâtre statique. Celle qui me faisait cruellement regretter mes 500€ d'inscription annuelle (regrets éternels, à Limoges, je payais pour un atelier identique 30€…) (non mais sinon, Lyon, c'est super top comme ville) (Ai-je mentionné le prix d'une bière belge dans un bar lyonnais ? Non ? Mieux vaut pas en fait, il y a un rapport de 3, voire de 4, entre les deux, regrets éternels). Celle qui me faisait traîner des pieds, tous les mercredis à 18h : j'y vais, j'y vais pas ? Bah, j'ai pas de bonne raison de pas y aller. Voyons voir… la semaine dernière, j'avais réunion au fin fond du Dauphiné (libérée !), la semaine d'avant, j'avais la migraine (libérée !), la semaine encore d'avant, c'était l'anniversaire de la cousine de ma grand-tante par alliance (libérée !). Bon, là, faut que j'y aille, hein ?! (hein pas convaincu).

Mais la semaine dernière, notre prof nous a envoyé un mail à pas piquer des vers, on a tous cru qu'elle avait un cancer, qu'elle se mourrait d'une lente agonie, avec souffrance et lit d'hôpital.

En fait, c'était de la déprime, qu'elle nous faisait !

Soulagement ! (oui, je sais, cruauté, vilénie et compagnie)
Parce qu'enfin, tout s'explique ! Pourquoi on restait pendant 2h assis le cul sur une chaise à lire nos textes.
Pourquoi on allait jouer une pièce sur les camps de concentration (rien que ça, remarque, c'est la déprime).
Pourquoi jamais on ne faisait d'exercices, d'impro, de petits jeux scéniques.
Pourquoi on ne rigolait jamais.

Du fin fond de son lit, elle nous a quand même trouvé une remplaçante. Inquiets, qu'on était, la troupe et moi.
Surtout quand la nouvelle est arrivée avec les cahiers de notre prof, et a commencé d'un ton larmoyant à nous expliquer qu'elle ferait tout à la mémoire de notre prof, qu'il fallait se battre pour elle.

Inquiets-inquiets-inquiets, vous dis-je !

Et puis on est monté sur scène…

Soulagement number two !

On a commencé par s'échauffer, faire plein de drôles de bruits avec notre bouche, puis on a direct attaqué par des impros. On a ri, ri, ri !

Et puis on lui a expliqué que les camps de concentration ne nous inspirait plus trop. Finalement, on change complètement de pièce, un truc drôle, enfin !

On est sauvé ! Pourvu que cette animatrice-là, on la garde jusqu'à la fin de l'année ! (oui je sais, méchante-méchante-méchante !!)

Commentaires

  1. Heureusement cela ne devait pas être reposant comme sujet
    Bisous ma belle

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    1. Comme tu dis ! Ni reposant, ni particulièrement réjouissant ! Contente d'en avoir fini avec ce sujet !

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  2. Ne t'inquiète pas à mon avis ta réaction est saine et que l'ancienne prof reste au fond de son lit si elle veux mais le théatre c'est fait pour s'amuser ! Tu nous raconteras, j'espère ...
    Bon weekend

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    1. C'est quand même pas très sympa de ma part de me réjouir alors qu'elle ne va apparemment vraiment pas très bien...
      Mais bon, si ça peut sauver les quelques derniers ateliers avant la fin de l'année, c'est toujours ça de pris. L'an prochain, j'irai voir ailleurs pour le théâtre !

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  3. Bah d'un côté c'est pas cool de se réjouir mais en même temps tu paye pour faire un truc qui te plait!
    Si ya une "direction", je ferai la remarque, juste histoire que la différence soit notée!

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  4. Pour avoir fait pas mal de théâtre, je te comprend tout à fait ! Vous auriez même du faire une mutinerie depuis longtemps haha =D

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