NON, la timidité n'est pas un charmant petit défaut


Du plus loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été timide.

Jeune (jusqu'à 18 ans), j'étais même maladivement timide : je rougissais, je transpirais et en même temps j'avais les doigts gelés. Je bafouillais. J'avais des plaques rouges du front jusqu'à la poitrine.
J'étais tellement timide que je rougissais juste à l'idée de prendre la parole.

Résultat : en classe, je ne parlais jamais. Jamais. Par contre, j'aurais été tellement mal à l'aise qu'on me montre du doigt que j'ai toujours été bonne en classe. Silencieusement.

Petite, j'ai tellement pleuré quand mes parents m'ont inscrite à une activité parascolaire qu'ils ont abandonné après 2 cours. Résultats, je je n'ai jamais rien fait, ni instrument de musique, ni sport, ni centre aéré.

J'ai testé l'homéopathie. Rien n'a changé. Je m'écrasais, j'étais telle un caméléon dans sa jungle : invisible.


Un jour, j'en ai eu marre. J'avais eu mon bac, je commençais mes études, presque personne ne me connaissais désormais, que quelques anciens camarades de classe lointains. 
J'ai décidé que mon heure était venue de changer. Arrêter de rougir, même pas la peine d'y songer. A part une opération chirurgicale, pas vraiment de solution "miracle" à mon avis...
Par contre, le levier sur lequel je pouvais jouer, c'est d'arrêter de me bloquer à chaque fois que je rougissais. Arrêter de me dire que tout le monde ne voyait que ça, cette énorme plaque rouge sur mon visage. Me dire que les gens s'en fichait, et donc moi aussi.

J'ai changé. Pas du tout au tout, ne nous leurrons pas. Timide je suis, timide je resterai toute ma vie. Mais là, j'étais passée du stade "timide-compulsive" à timide-réservée"

Je me concentrais sur l'aspect positif de mon caractère : ok je suis réservée mais en contrepartie, je suis quelqu'un qui observe et analyse avant de dire n'importe quoi, qui ne parle pas à tort et à travers.

Je pensais avoir gagné la partie. D'ailleurs, j'avais l'impression de moins rougir, ou plutôt de moins souffrir des effets secondaires de mon rougissement (transpiration, blocage...).

Bref, ça allait mieux. Jusqu'à mon embauche de mars dernier. Cet emploi où je ne me suis jamais sentie vraiment à mon aise, plutôt inférieure aux autres personnes de mon âge, considérée comme débutante, mais sans l'être vraiment vu mon âge et mon expérience passée.
Ca a recommencé. Petit à petit, sournoisement. On a eu le malheur de me le faire remarquer. Que j'étais très rouge. Bien sûr, ça n'aide jamais (vu que j'essaie toujours de m'auto-persuader que quand je rougis, ça ne se voit pas tant que ça). 

Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être revenue au point de départ. Le caméléon. Invisible toutes les fois où je peux l'être. Phosphorescente dès que j'ouvre la bouche.

Fail. Total fail.

La timidité, ce n'est vraiment pas mignon. Vraiment pas...

Ce post m'a été inspiré par l'article de la chauve-souris, Unicks, sur le même sujet.

Commentaires

  1. Coucou :)

    J'ai été extrêmement timide aussi. J'aurais bien dit maladive aussi mais j'ai quand même l'impression que c'était moins grave que toi. J'ai toujours attendu que les autres viennent vers moi et heureusement, ils venaient. J'ai donc eu d'excellents amis, qui ont su m'apprécier malgré ma réserve.

    Puis j'ai voulu faire mon métier, où je suis obligée d'aller vers les gens. J'en ai été malade. Des brûlures d'estomac en continu pendant mes premiers stages. J'en ai été à perdre des duels contre le téléphone (je le regarde, il me regarde, je le regarde, il me regarde, je baisse les yeux, j'appelle personne.)

    Je m'en suis sortie, brusquement, quand je me suis retrouvée seule, avec aucun travail mâché. Si je perdais mes duels, si je n'allais pas vers les autres : je plantais mon entreprise. Si je n'y avais pas été obligée, franchement, je serai restée dans ma timidité. J'ai vraiment beaucoup changé, je n'hésite plus à prendre la parole, à avoir un peu de culot et d'aplomb et je le savoure.

    C'est une prise de conscience autant qu'une obligation. Je sais que tu peux y arriver, tu peux croire en toi, tu vaux autant que n'importe qui. J'espère que tu vas avoir le déclic comme je l'ai eu. Si ça marche pour moi, ça marchera pour toi. Vraiment, bon courage <3

    Ju

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    1. Merci pour ton témoignage. Ca me donne de l'espoir pour mon cas... tu dis que ça a été un déclic ? Du genre du jour au lendemain ? J'ai du mal à m'imaginer changer d'un coup d'un seul...

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    2. C'est-à-dire surtout que je n'ai pas eu le choix : si je ne bougeais pas pour aller voir les personnes, il n'y avait vraiment personne pour le faire à ma place. Ca c'était le déclic. Et à force d'être dans cette situation (ça a duré un mois quand même), j'en suis venue à ne plus être timide. C'est les deux phases tu vois. Une phase déclic et une phase de consolidation. Mais c'est vrai que je n'ai pas eu le choix.

      Je trouve que tu as eu beaucoup plus de mérite à travailler sur toi toute seule, c'est pour ça qu'il ne faut pas que tu laisses tomber.

      Je rougis aussi énormément mais ça c'est de famille, j'ai appris à l'accepter, il faut essayer d'en rire, si tu sais que ça se voit, va au devant des remarques. Ca marche bien, ça prouve que tu as de l'auto-dérision et que tu te fiches de ce que pense les gens (même si c'est faux au fond u_u").

      Rien n'est désespéré, je te l'assure :)

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  2. Quitte ce job! Les progrès sont acquis, dis toi bien ça. Ce n'est pas toi, c'est eux le problème!

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    1. De toute façon, je suis en CDD, donc il ne me reste qu'à attendre quelques mois et c'est le job qui me quittera !

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  3. Ne les écoute pas, passe au-dessus de leurs reflexions !!!
    La timidité peut parfois être un moteur pour se dépasse
    Les médicaments ou autres ne servent à rien
    Courage ma belle
    Bisous

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  4. Je peux te suggérer quelque chose (ce n est qu'une suggestion). J'ai vu ce qu'on appelle une kinésiologue pour régler un problème d'angoisse face au stress (genre qui m'empechait de réussir mes épreuves pendant mes stages) et çà m'a franchement débloqué et appris à gérer mes émotions en situation de stress. Si tu n es pas réfractaire à des techniques différentes celle ci a très bien fonctionné chez moi (et m'a même guéri de ma phobie du noir qui m'a empoisonné la vie pendant 30 ans et depuis honnêtement, je revis :) Ca ne vaincra peut etre pas ta timité mais les symptomes qui en découlent!
    Bon courage!

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  5. Tu sais, j'ai été timide jusqu'à en être malade et puis, la vie aidant, le chemin professionnel se faisant, je suis restée timide, rien à faire mais je suis passée "réservée" et de ce défaut, j'ai fait une arme et une armure. J'ai su rester à ma place quand cela était nécessaire et j'ai beaucoup appris. Aujourd'hui, j'en joue et puis mieux vaut se taire parce qu'on est timide qu'ouvrir la bouche pour raconter des conneries...
    Bonne journée

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  6. Moi aussi, je suis une grande timide. Je préfère dire réservée, maintenant. Car avec le temps, la timidité s'efface un petit peu. J'ai été surprise de me sentir si à l'aise durant la journée découverte qui présentait la formation que je vais suivre. J'ai réalisé que je me sentais à ma place, et que c'était sans doute pour cette raison que j'osais participer. J'étais presque celle qui parlait le plus, ça m'avait vraiment interpellé. Car moi non plus, je ne parlais pas en classe, je n'osais pas prendre la parole. Je suis persuadée que, si on aime ce que l'on fait, les barrières que l'on se met peuvent voler en éclats ! Je reste timide, je suis comme ça, mais j'ose davantage, je me dis que de toute façon, on ne va pas me dévorer toute crue :)

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  7. Tu peux pas dire fail! Moi je trouve que tu as carrément vaincu ta timidité. Je parle de la vie de tous les jours, la façon dont tu abordes les gens,tes activités... en tout cas tu dégages de l assurance. pour le boulot, il suffirait que tu aies confiance en toi et que tu arretes de te devaloriser et tu les renverrai à leur place. Mais c est pas facile,moi meme j ai du mal mais en meme tps j ai pas d emmerdeurs au boulot... courage et soit convaincue de tes competences sinon tu auras du mal à convaincre les autres.

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  8. halalaa la timidité ... être invisible, ca me convient assez. Réservée, sur la défensive, distanciée.
    Rougir, c'est se faire remarquer, et je détestais ça aussi.
    Depuis quelques année, ça va mieux ... mais on est pas à l'abri hein ...

    je file liker ta page FB ^^

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