14 févr. 2013

L'entreprise qui fait pleurer les femmes


Aujourd'hui, j'ai vu une de mes collègues se mettre à pleurer pendant son entretien d'évaluation. Mon coeur s'est serré pour elle. Il y a deux semaines, j'avais réussi à garder la tête haute pendant le mien, d'entretien, j'avais attendu l'heure du repas avec Chéri pour m'effondrer. Peut-être aurais-je dû aussi montrer à quel point j'étais touchée, même si ça n'aurait rien changé.

Sans entrer dans les détails (parce que bon, que je raconte mes déboires sur mon blog, c'est normal, mais en faire de même pour d'autres, c'est abuser !), ma collègue souhaitait une évolution professionnelle. Normal, elle est dans la place depuis un paquet d'années, d'autres arrivés après elle sont en train d'évoluer, et surtout, surtout, on lui a fait miroiter des choses depuis quelque temps.
Aujourd'hui, ils lui ont expliqué comment s'en passer, mais tout en lui disant que quand même, elle était un bon élément.

A peu de choses près que le discours qu'on m'a tenu. Un bon élément, mais pas assez bon pour... évoluer... rester dans l'entreprise...

Notre entreprise est impitoyable, particulièrement avec les femmes. Une grande partie des chefs de projets sont des hommes, 11 hommes pour 2 femmes. Tout est dit, n'est-ce pas ?

J'ai beau me dire que c'est facile pour les femmes de faire porter le chapeau sur ce "mythe du patron sexiste", mais force est de constater que même sans aller jusque là, dans mon boulot, les grandes gueules, les arrivistes et ceux qui brassent du vent sont les plus favorisés. Et ces personnes-là, on a beau dire, mais c'est plutôt des hommes que des femmes.

Parce que oui, les femmes font en moyenne des études plus longues que les hommes, elles sont plus perfectionnistes, mais aussi, elles se sous-estiment plus que les hommes à compétences égales (cf. cet article de l'Express). Et encore, je n'évoque même pas la question du salaire, ou de la parité de représentation dans des comités de direction. Parce que si je me lance là-dedans, on en a pour toute la nuit, je ne voudrais pas vous tuer d'ennui quand même !!

Et puis ma collègue comme moi approchons de la trentaine. Et oui, la fameuse trentaine. Celle qui dit "ouh là, celle-là, elle va bientôt pondre, d'ici un an ou deux, max 4 ou 5". Congé mater, absence, moins de disponibilité, plus de fatigue, etc. etc. Je ne vous fais pas de dessin, hein ?! 
Et il faut bien dire que ce n'est pas non plus totalement faux, en témoigne mon article de début d'année.

Mais bon, outre cette sombre histoire d'inégalité de traitement hommes-femmes dans cette boîte, le vrai réel problème est ce manque absolu de gestion des RH. Faire croire à quelqu'un, soit par omission dans mon cas, soit par des phrases lancées l'air de rien pour ma collègue, que son évolution sera toute autre que celle qu'on lui réserve effectivement, c'est tout sauf correct. 

Et comment continuer à travailler quand, d'une part, on se sent dévalorisée et donc par ricochet complètement nulle (parce que les femmes se remettent trop en question aussi, je crois), et que l'on n'a absolument plus de confiance en son chef d'autre part ?

10 commentaires:

  1. Je ne sais pas dans quel secteur tu travailles mais la parité homme femme dans le bâtiment, je pourrai en écrire un roman... Un roman de 30 ans... que dis-je 35 ans scolarité inclue. Je comprends et je ressens. Ne baissez pas les bras, ne vous dévalorisez pas, battez vous. Bises et courage

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    1. Effectivement, dans le bâtiment, ça doit être cent fois pire que dans mon secteur...
      Merci pour tes encouragements !

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  2. Courage!

    Moi aussi, la boite pour laquelle je bossais à Nice m'as fait croire qu'elle allait me donner un CDI et en fait j'ai eu droit à 2 fois 6 mois d'intérim puis 6 de CDD puis une semaine sans contrat puis 7 mois de CDD puis ciao hasta la vista! Tous les mêmes!

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    1. Pfff, effectivement, ta boîte dépasse largement la mienne en terme de gestion RH... courage à toi pour la Belgique !

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  3. Figure-toi que j'ai connu ça (suivi d'un super harcèlement moral). Pas facile de rester forte et confiante dans un environnement pareil !

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    1. Moi j'ai eu une boîte avec quasi le harcèlement moral, et celle-là qui est tout en promesses non tenues...
      Je compatis pour toi...

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  4. Ça marche pareil dans la vente : 11 ans dans l'entreprise. Je suis toujours au bas de l'échelle où je suis redescendue après la naissance de ma fille. Pendant mon absence a été mis en place un système de niveau. J'ai toujours le même poste mais tout en bas de l'échelle depuis presque 3 ans.

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  5. dur dur... je suis partisane de regarder les offres d'emploi et de s'en aller!! le pb est qu on entend tellement parler de la crise aussi qu'on a peur de se lancer ailleurs... mais ce genre de boite te casse en deux, c'est juste trop dur à la longue!

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    1. C'est bien mon intention, je te rassure ! Mais les offres ne courent pas les rues en ce moment...

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