17 mars 2012

De l'art de sourire en remplissant son caddie...


Hier soir, je suis allée faire mes courses.
Banal, jusque là.

Oui, mais, vous savez quoi ?
Je me suis carrément surprise à sourire d'un bout à l'autre du magasin. Incroyable !

Là, vous vous dites : " elle débloque ! C'est le changement d'air de Bruxelles à Lyon qui la rend marteau".

Même pas ! 

Ce qui a illuminé ma soirée, m'a procuré un plaisir proche d'une jouissance absolue, c'est Grand Frais... what else ?

J'ai de quoi faire mon marché en fruits et légumes à 5min de chez moi.
A pied. 
Bonheur.

Et pour la première fois depuis 1 an, j'ai pu acheter des vrais légumes, pas des trucs tout moches du Carrouf (pardon, du GB) qui sont vendus au cours de l'or.

C'est au moment des carottes que mes lèvres, à droite, ont commencé à frémir.
Et mes narines à s'émoustiller. 
Alors que je choisissais des carottes. 
Et alors ?
Et alors mes carottes, elles sentaient la carotte. Ce petit goût sucré si particulier, je l'ai perçu. 
Moi. 
Avec mon odorat complètement pourri, cause allergie chat.

Après, je suis passée aux poireaux. Mon coin de bouche côté gauche s'est légèrement soulevé. 
J'ai pu acheter UN poireau. Pas 5, entourés d'un immonde fil de fer.
Et encore après, je me suis pris un navet. Pas une botte de navet. Un seul navet.
J'espère que vous ne craignez pas le comique de répétition. Parce que côté pommes, idem. J'ai pris 3 pommes. Pas 6, emballées dans leur carton et entourées de film transparent.
Je vous épargne le reste de mes achats à l'unité, mais quel bonheur de n'être pas obligée de cuisiner 3 jours d'affilée un seul type de légumes, tout ça parce que tu avais à la base juste besoin d'un poireau pour faire ton salé.

Oui, le salé. 2nde jouissance. J'en aurais sauté de joie sur place en hurlant et esquissant une danse de la pluie. Je me suis retenue. 
Mais quand même. 
J'ai trouvé de la palette de porc salée. YOUHOUUUUU !
Je vais pouvoir me faire du salé avec ma cocotte minute (oui, la cocotte-minute m'a suivie dans mes valises. Impossible pour moi de m'en séparer) ! 
Un bon salé, avec du poireau, des carottes, des navets, des pommes de terre, et 1/2 chou frisé. YOUHOUUUUU !
Un an que je n'ai pas fait de salé, vous vous rendez compte ? Jamais pu trouver de palette de porc en Belgique...

Pour ceux/celles qui ne connaissent pas (et je compatis, vous ratez quelque chose), le salé, c'est LE "pot au feu" limousin, sauf que ça ne se fait pas avec les mêmes légumes et pas avec du boeuf, mais de la palette de porc que l'on fait dessaler. Et éventuellement une andouillette et du jambonneau en plus.

Le midi, on se mange les légumes chauds et la viande avec de la moutarde, et après, on mouline les légumes pour se faire une bonne soupelette bien grasse le soir !
On garde aussi le bouillon pour faire du vermicelle, pour ceux qui préfèrent ça à la soupe.
Et les jours suivants, on finit la viande froide, avec des cornichons.

A ce stade, j'ai commencé à verser ma petite larme à la vue du tourteau fromagé, qui est une spécialité du Poitou, et que j'adore manger à n'importe quelle heure, petit déj, apéro, dessert, en cas en pleine nuit.

Puis hystérie totale à la vue des St Félicien et St Marcellin à point, des ravioles du Dauphiné et du beurre aux cristaux de sel de Noirmoutiers (et pas de Guérande, Chéri m'a contaminée : vendéen un jour, vendéen toujours !).

Bref, tout ça pour dire que c'est maintenant que je suis rentrée en France que je me rends compte a posteriori que j'avais très légèrement le mal du pays...

Cela dit, pour l'instant, dans mon hystérie ma joie de retrouver certains produits qui n'existent pas en Belgique, je ne vois pas tout ce qui va bientôt me manquer que j'achetais en Belgique et que je ne trouverai plus... 
Enfin, déjà, j'ai bien remarqué l'absence totale de bonnes bières sur les cartes des bars. 
Et désormais que j'ai goûté aux bières belges, impossible de me remettre à la pisse de chat française...

Voilà ! C'était mon quart d'heure de bonheur ! Qui l'eut cru ? Etre à ce point heureuse de faire les courses...
Et je tiens aussi à préciser que Grand Frais ne m'a pas payée ou droguée pour dire ça !

Et vous, ça vous est déjà arrivé, de sourire béatement devant une carotte qui sent la carotte ? ;-)

PS : et je suis punie à la fois de ma gourmandise, et de dire du mal de mon pays d'accueil ! Je viens de me casser un gros bout de molaire en mangeant... un gressin acheté à GF !
Pas cool, d'autant que le morceau de dent s'est cassé en mille morceaux et que j'ai l'impression d'avoir des gravillons dans la bouche. Beurk !

PS 2 : appel aux bonnes âmes qui connaissent un bon dentiste à Lyon...

5 commentaires:

  1. Voici un billet qui "respire" la bonne humeur et la joie de vivre ! Tu me fais envie avec ce pot au feu Limousin. Par contre pas cool ta dent cassée. Il va falloir passer sous les fourches caudines du dentiste... Brrr....
    Moi aussi, je rentre de courses chez Edouard précisément et j'ai trouvé THE FOULARD que je cherchais à tous les rayons mode depuis 8 huit jours, entre une promo de Primevères et une vente flash de vin rouge... Du coup, j'ai oublié mon spleen !
    Bises et bon we !

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  2. Je pense que d'ici quelques moi je sourirai en faisant mes courses oui, et je pondrai probablement un avis comme le tien oui, parce que je serai chez MOI et je ferai MES courses et MA cuisine :) et ce sera nouveau !!

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  3. arf, alors pour ce coup là je ne te dis pas merci !!! tu m'as donné sacrément envie de bonnes petites choses bien françaises qui n'existent pas ici, en te lisant j'avais l'impression de retrouver le gout de la petite soupe bien grasse du soir, et de la viande froide du lendemain avec les cornichons ...
    bisous !!

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  4. Je suis à Bruxelles depuis 2 mois et quand je lis tes histoires de légumes ça me fais sourire!
    Moi je "râle" ici justement parce que on ne trouve casi que des légumes sous plastiques et par lot! Grrr

    Bon retour en France

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