2 avr. 2012

Ma visite guidée de Bruxelles : entre Art Nouveau, Art Déco et sgraffites - Part II


Souvenez-vous : il y a quelques semaines, je vous présentais la première partie de cette promenade ici.

Après l'hôtel Wielemans, faites le tour du pâté de maisons pour vous retrouver rue Paul-Emile Janson.

1) Au n°6, la façade de pierres blanches et la bow-window aux élégantes courbes et vitraux appartienent à l'Hôtel Tassel. Il s'agit de la première oeuvre de Victor Horta en 1893, considérée comme le début de l'Art Nouveau.


Admirez la finesse du travail de la pierre sculptée, la façon dont s'imbriquent les différents matériaux, pierre, acier, bois. Tout est novateur dans cet art à l'époque.

L'intérieur ne se visite que rarement, lors des Biennales de l'Art Nouveau par exemple. Nous avons raté le coche en octobre dernier, mais comptons bien en être en 2013 !

2) En continuant dans la même rue, on peut observer au n°23-25 une deuxième maison Ciamberlani, mais celle-ci était la maison du frère du peintre, José. Elle a également été réalisée par Paul Hankar.
En fait, la mère des deux frères Ciamberlani avait acheté toute la parcelle entre la rue Defacqz et la rue Paul-Emile Janson, et fait construire en même temps les 2 maisons à chaque bout pour ses deux enfants. Là où la maison du peintre n'est que lumière, la maison de son frère fait piètre figure. Elle n'a pas eu la chance d'être aussi bien entretenue et il ne reste quasiment rien de son faste d'antan.
Néanmoins, on peut remarquer la grande porte cochère : José Ciamberlani avait une passion pour les chevaux et dans son jardin, il possédait une écurie et un manège !

3) En continuant jusqu'au bout de la rue, notre oeil est attirée par un énorme sgraffite qui orne le haut de la maison Beukman, au 83 de la rue Faider. Les sgraffites ne sont jamais signés, mais il s'agit a priori d'une oeuvre de Privat Livemont.
L'architecte, Albert Roosenboom, s'est probablement inspiré de l'hôtel Tassel et de la Maison Ciamberlani pour construire cette maison en 1900, en pur Art Nouveau. Mais il fera ensuite volte-face, et dès 1905 dénigrera complètement ce type d'architecture.
Attardez-vous là encore sur les détails, notamment les sculptures des pierres qui semblent être des lianes reliant le grattoir à la boîte aux lettres, au milieu du bâtiment.

4) Tournez ensuite à gauche dans la rue Defacqz. Au n°71, la maison personnelle de Paul Hankar, l'architecte des maisons Ciamberlani. Il réalise cette première maison en Art Nouveau en 1893, au moment où Horta travaille sur l'Hôtel Tassel.

Une façade très étroite, tout en hauteur, et bien sûr, plein de symboles. Tout en haut, les différents moments de la journée se retrouvent chacun dans un médaillon, avec des oiseaux et une chauve-souris, 4 sgraffites de Paul Crespin.
Beaucoup de matériaux différents sur la façade : pierre bleue, pierre blanche, grès rose, et bien sûr, de la brique ! Paul Hankar est en effet issu d'une famille de tailleurs de pierre. Il réintroduit aussi l'usage du fer forgé au niveau des fenêtres.
Admirez également les petits médaillons sculptés en forme d'insectes sur la pierre de l'oriel.


5) Et pour terminer avec cette promenade, et si vous la faites un jour ouvré, je vous propose de prendre sur votre gauche la rue Simonis, et de tournez encore à gauche dans la rue du Bailli. Là, au coin, la pâtisserie "Les Caprices du Bailli" vaut son pesant de cacahuètes en terme d'Art Nouveau, avec son vitrail fleuri au fond du magasin, et son mobilier en bois d'époque. 
A chaque fois que je passe devant, je colle mon nez à la vitrine, mais (pour une fois) pas pour regarder les petits gâteaux !
Photo Wikipédia
Et vous pourrez ensuite flâner dans cette rue, très commerçante, ou boire un coup dans les nombreux café.

Au bout de la rue, l'Eglise de la Trinité, que je mentionne uniquement pour dire qu'elle fut un jour en plein milieu de Bruxelles, et fut démontée pierre par pierre pour être remontée ici lors du percement des grands boulevards !

Maintenant que vous en avez appris un peu sur les 2 grands maîtres de l'Art Nouveau, Horta et Hankar, je vous propose de vous parler des architectes de la petite et moyenne bourgeoisie, qui construisirent également des chefs d'oeuvre en Art Nouveau. 

Mais ça, c'est pour une prochaine fois !

4 commentaires:

  1. J'avoue. J'ai pas mal de retard dans ma lecture de blogs ces jours-ci. Je pars tot, rentre tard et je m'auto censure au bureau. J'avais aperçu le thème de ton billet sans avoir le temps de venir me balader virtuellement avec toi à Bruxelles. Je suis convaincue que c'est une ville que je regarderai et visiterai différemment lorsque j'y retournerai ! Merci pour cet article très interessant (pour moi...)
    Bises

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    1. J'espère que tu passeras me faire un coucou quand tu iras visiter Bruxelles. Si j'y suis, bien sûr !

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  2. C'est terrible, mais à chaque fois que je pense à Bruxelles (et même quand je lis cet article là -qui est super intéressant au passage), c'est mon ventre qui me réclame d'y retourner !

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    1. Ah bravo ! Se laisser dicter ses émotions par son estomac, c'est honteux !
      Cela dit, cet aprèm', je compte bien faire un tour en ville spécialement pour acheter une brioche aux pralines, gniark gniark !

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